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France Mai 2000 |
Cascadeur de James Bond
Jean Pierre Goy a commencé la compétition à 18 ans, au début des années 80, par le trial en compétition. Débuts en fanfare en 81, il gagne en Angleterre, dans le temple du trial, le Kick Star sur Fantic. Cette course regroupait sur 2 jours les 20 meilleurs mondiaux en Angleterre. La suite est sur le même rythme avec des courses, des cascades, des films, ... et toujours pro, gentil, disponible.
Sacré bonhomme !
321MOTO - Tu as commencé par le trial, c'est ce qui t'a amené au spectacle ?
Jean Pierre - Les début du trial indoor dans les années 80 m'ont donné le goût du contact avec le public. A chaque fin d'épreuves, je m'amusais à faire quelques petites figures. Fantic pour qui je courais à l'époque m'a donné le choix de continuer en me centrant sur la compétition ou de faire des shows pour eux. Ce que j'ai choisi et depuis 20 ans, j'en ai fait mon métier. Je reste en contact avec d'anciens copains qui eux ont fait le choix de la compétition comme Burgatt, Michaud, ... |
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| Sponsorisé BMW... |
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321MOTO - Le démarrage de cette nouvelle activité a du te demander du temps d'adaptation ?
Jean Pierre - Il a fallu chercher de nouvelles figures et le décollage s'est vraiment fait avec Jacques Martin sur "Incroyable mais vrai". J'ai commencé des films mais c'est vrai que c'est le spectacle qui me branche surtout. J'ai aussi d'autres activités en rapport avec les cascades. Par exemple, pour BMW qui me sponsorise depuis 6 ans, je fais des tests et des essais pour travailler la sécurité. J'ai par exemple réalisé avec le nouveau scooter C1 la chute à 80 km/h qui a été diffusée sur Turbo. C'est un honneur de travailler pour eux et c'est très motivant de faire des essais pour que les gens ne se fassent pas mal.
321MOTO - Tu as commencé la cascade quand ?
Jean Pierre - Pour mon compte et avec mes méthodes en 97. Avant, j'avais travaillé pour Rémy Julienne. Mais sa façon de faire m'avait déçu : cascades pas préparées, improvisation, ... au final trop de risques pour le cascadeur et l'équipe autour. Ce n'est pas la bonne façon de faire ! |
| | Je faisais des roues ar avec la 12OO... |
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321MOTO - Le cinéma c'est pareil ?
Jean Pierre - Je pensais effectivement que le ciné c'était ça. Mais un matin d'avril 97 le réalisateur de James Bond m'a téléphoné (j'ai cru à un poisson) pour me proposer de faire un casting de cascades. J'étais en Angleterre le mercredi pour monter escaliers ... Ils avaient déjà choisi une 1200 Cruiser BMW comme machine, un modèle qui allait sortir. Je savais que ce serait une grosse routière, mais c'est sur place que j'ai découvert laquelle. D'autres cascadeurs, des australiens, des américains, un anglais, ... avaient été testés mais sans donner satisfaction. Le réalisateur cherchait un pilote précis capable de refaire la même cascade plusieurs fois. Effectivement, la ressemblance physique compte un peu, mais ils peuvent tricher pas mal, c'est plus important pour les prises de vue et la sécurité de tous de pouvoir maîtriser les techniques de freinage par exemple. Il faut pouvoir s'arrêter 20 fois de suite à 2mm d'un cône. J'ai fais quelques essais et la montée des escaliers comme demandé. Le lendemain, je faisais des roues ar avec la 12OO !
321MOTO - Donc tu as dit oui sans hésiter !
Jean Pierre - Pas sans hésiter car en avril j'avais un planning particulièrement chargé en spectacles et je dois dire que j'ai hésité à le faire ou pas ... je n'avais jamais repoussé de spectacles avant. Le tournage devait durer 1mois 1/2 au début et en fait pour plein de raisons, il a été allongé à plus de 4 mois dont la moitié en Angleterre et l'autre en Thaïlande. Par exemple, la poursuite devait initialement faire 3 minutes. En discutant avec le réalisateur, d'idées en idées, nous en sommes arrivés à 7'30. |
| | Chouchouté comme une Star |
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321MOTO - Les moyens doivent être impressionnants ...
Jean Pierre - Tu peux le dire ! J'avais 4 motos et un mécano spécialement envoyé de Munich. Par exemple, j'avais demandé de balayer le coin où je m'entraînais pour les dérapages. J'attendais un balai ... j'ai vu arriver un camion balayeuse). J'avais donné au réalisateur une liste de pièces de rechange et j'ai vu arriver 10 pneus arrières, des embrayages complets, des plaquettes en quantité, ... il avait tout multiplié par 2 ! Ce qui m'a le plus amusé : les premières chaussures que m'avait fourni l'habilleur étaient un peu petites. Le lendemain il m'en porte une nouvelle paire qui allait bien. Quand je lui ai dit que c'était ok, il m'a dit qu'il était content car il en avait acheté 12 paires pour être tranquille !!
321MOTO - L'impression que tu en as retirée ?
Jean Pierre - Efficaces. Ils sont franchement stupéfiants. Quand ils sont venus me chercher, tout y était : limousine, chauffeur, seul manquait le tapis rouge ! Leur professionnalisme m'a vraiment impressionné. Jamais une minute de perdue : à l'arrivée, j'avais un planning pour rencontrer la cascadeuse, l'actrice, ma perruque était prête, ... Arrivé à Bangkok, après une première journée repérage à pied, dès le 2ème jour à 7h du matin, nous avons commencé à tourner. Mais c'est impératif pour de tels projets : la deuxième équipe avec les cascadeurs, c'est plus de 100 personnes et 2 à 300 figurants. Sécurité aussi car pour plus de 800 personnes, et sur un scénario qui bouge pas mal, il n'y a eu qu'un bras cassé pour un caméraman tombé du camion. |
| | Projets... |
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321MOTO - Tu as vu le film fini ?
Jean Pierre - Oui, pour la première évidemment, puis 14 ou 15 fois pour le lancement dans les salles. Une anecdote : pour la première, il y avait dans la salle plus de 1000 personnes, plein d'acteurs, le gratin parisien, ... à la fin de la poursuite, ils se sont levés et m'ont fait une sacrée ovation. Émotion !
321MOTO - Tu as bien évidemment plein de projets ...
Jean Pierre - J'ai quelques propositions de cinéma avec le réalisateur de James Bond, mais spectacle ou ciné, le cumul n'est pas évident. Pour le tournage de James Bond, j'ai fait 32 aller-retour entre Lyon et Londres en 3 mois. Donc pour le moment, je suis plutôt spectacles. Dans quelques temps, ... Je veux aussi continuer quelques records. Le 17 octobre j'ai fait 221 kms sur roue arrière dans mon village de 2000 habitants. J'ai aussi le record sur roue avant avec 156m 45. Je vais m'attaquer de nouveau à ces records, mais cette fois avec le 650 Bm. J'ai un projet de cassette vidéo sur mes spectacles avec JL Bernardelli. Le journal "L'Intégral" me confie dans un dossier de 10 pages tous les 2 mois des essais moto sur la sécurité : freinage sur le mouillé, glisse, accélération, ... Et puis il y a une cassette avec BM France pour présenter des situations particulières avec le scooter C1.
321MOTO - Tu es un as des pirouettes, si tu devais donner un conseil aux motards ... sur les burns par exemple ?
Jean Pierre - Ne pas le faire en ville ! C'est nul sur un passage piéton par exemple. En effet, un passage piéton ça doit se voir, et si c'est masqué par des traces .... C'est plus un état d'esprit qu'il faut avoir : les roues arrière, les roues avant, les dérapages, ... ça se fait sur circuit ! C'est une très bonne chose que de faire des stages avec des routières pour augmenter ses chances de se sortir de situations délicates. |
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| Texte et photos : Jean Pierre Goy |
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