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Honda Transalp 600
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Une passion racontée par Christian
« Allo, Richard. Est-ce que tu pourras me prévenir quand vous recevrez une Transalp d'occasion. Ma 750 XLV commence à se faire vieille.» « Tu tombes à pic : un client vient de nous emmener la sienne il y a une demi-heure à la concession. Viens la voir. »
Voilà comment j'ai rencontré ma première Transalp en 1993. Beige, avec 21000 kilomètres au compteur. Lors du premier essai sur une vingtaine de kilomètres, j'avais été frappé par son exceptionnelle douceur et la prise en main avait été immédiate. Et, j'avais laissé ma vieille XLV et ses 95 000 kilomètres que j'avais tant aimée avec son moteur de caractère, son cardan, cette impression qu'elle me donnait de pouvoir m'emmener au bout du monde. Dans quelques uns de ses recoins, je savais que sommeillaient des grains de sable de l'Erg occidental et du Tassili N'Ajjer. |
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Prix |
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| Ce qui m'a le plus frappé |
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... sur ma nouvelle monture, c'est sa manière de bien faire les choses sans en donner l'air ; une modeste en quelque sorte. Tenue de route, souplesse du moteur, démarrage au quart de tour par tous les temps , confort, position de conduite, fiabilité, robustesse du moteur comme de tous les accessoires. Seule l'absence du cardan m'a un peu gêné, puis je m'y suis fait. Gros rouleur ( 30 à 35 000 kilomètres/an ), j'ai vite apprécié toutes ces qualités et, une fois installés la bulle haute, les manchons et les poignées chauffantes, je me sus retrouvé au guidon d'une véritable routière qui cache son jeu. Première virée dans le sud marocain quelques mois après l'achat : aucun problème sauf un boîtier électronique qui déclara forfait. Aie ! J'avais découvert LE point faible de ma moto. Heureusement, j'en avais un de rechange avec moi.
Sinon, R.A.S. Elle accumula les milliers de kilomètres avec, pour toute exigence, une vidange tous les 7500 kilomètres ( avec de l'huile de supermarché à 90 francs les 5 litres ), un kit chaîne tous les 30 000 kilomètres, un pneu arrière tous les 16-20 000 kilomètres et un pneu avant tous les 25-30 000 kilomètres. C'est ainsi qu'elle dépassa les 100 000 kilomètres sans donner de signe de faiblesse. Un changement des chaînes de distribution s'avéra quand même nécessaire et, tant que le moteur était ouvert, les joints de queues de soupapes furent également changés car elle consommait un peu d'huile. Pour fêter ses 150 000 kilomètres, je l'emmenai à la frontière mauritanienne pour accompagner des amis en 4X4 en partance pour le Sénégal. Nous étions en 1997 et un projet de « grand » voyage commença à faire son chemin dans ma tête. J'envisageai de lui trouver un moteur récent dans une casse mais un ami mécano me trouva une remplaçante un peu plus récente (année 1990 ) et surtout avec moins de kilomètres ( 25 000 ). Banco !
Celle-ci s'avéra encore plus solide que la précédente ( si, si c'est possible ! ). Car elle accomplit un tour de la méditerranée en un peu moins de quatre mois sans aucun problème ( plus de 20 000 kilomètres ) malgré des conditions de route parfois extrêmes. Et, au retour, elle parcourut ses 80 kilomètres quotidiens pour m'emmener au travail sans rechigner. |
| | Comme je la savais avide |
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... de grands espaces ( !), le Maroc nous accueillit trois fois en 2000, 2001 et 2003 ; pour rompre la monotonie, une petite virée en Tunisie fut la bienvenue. Je finis par croire qu'elle était infatigable ; aussi, je décidais qu'elle pouvait également m'emmener près de la frontière chinoise. Avant le départ, compte tenu de ses 125 000 kilomètres, elle eut droit à une bonne révision : chaînes de distribution, joints de queues de soupapes, roulements de roues et de direction. Et elle parcourut 30 000 kilomètres de plus sans l'ombre d'un problème. Là encore, je n'ai pu que louer sa bonne volonté et son confort qui me permit d'avaler des étapes interminables sur le long chemin du retour quand je réalisai que mes quatre mois de congés tiraient à leur fin. Juillet 2003 : elle affichait 180 000 kilomètres. Je dis à mon concessionnaire de me prévenir si, dans quelques mois, il avait une Transalp d'occasion. Deux jours après, un modèle 1995 se présente avec 30 000 kilomètres au compteur pour 20 000 francs ! Rebelote, je signe pour quelques années de plus au guidon d'une Transalp et je donne ma vieille Titine à l'ami qui me l'avait trouvée il y a cinq ans ; juste retour des choses. Depuis, je sais qu'elle tourne bien ; mais jusqu'où ira-t-elle ? La dernière se prépare à entamer un .voyage ( pour changer ! ) en 2005. Elle ne sera pas seule ; elle sera accompagnée par sa petite sour, la 125 Varadéro de mon amie et, ensemble, elles pourront visiter la Tunisie, la Sicile, la Grèce, la Crète, la Turquie, la Syrie, le Liban, la Jordanie et, si elles ont le temps ( quatre mois, c'est court ! ), le Sinaï.
En conclusion, acheter trois fois une Transalp démontre que cette moto a beaucoup de qualités. En fait, je reconnais objectivement qu'elle a des défauts ( freinage pas terrible, tenue de route un peu floue à grande vitesse, manque un sixième rapport pour les étapes autoroutières, réservoir un peu juste, performances honnêtes sans plus ), mais elle montre une si bonne volonté au quotidien qu'on finit par s'y attacher. Et, si on fait fi comme moi de la nouveauté à tout prix, c'est un excellent investissement car, j'ai pu m'en rendre compte, malgré tout ce que j'ai fait subir à mes montures, la Transalp est vraiment INCREVABLE.
J'en ai été époustouflé à plusieurs reprises. Pour un motard à petit budget, c'est un très bon choix car, outre un prix d'achat raisonnable en occasion ( il y en a un paquet maintenant ), l'entretien se résume au minimum et ne met pas à mal le portefeuille.
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