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Ducati St4 999
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Mythe ou réalité ?
Bonjour !
C'est tout neuf et c'est jouissif, c'est l'essai de la nouvelle Ducati 999 que je viens de réaliser... Alors, mythe ou réalité les Ducati ?
Oui, c'est vrai, les "Ducat", on en dit tout et n'importe quoi, même sans jamais avoir posé son fessier dessus...
Il y a bien longtemps, j'avais eu le privilège de piloter une Pantah puis une Darmah et enfin, sur le circuit de Nogaro dans le Gers, une très exclusive Mike Hailwood Réplica préparée pour taper les chronos au Bol d'Argent, aujourd'hui disparu et, plus récemment, une 916, le top pour moi en 1996 ! J'étais resté sur ce sentiment de suspension en bois (moins pour la 916) et de confort pour le moins spartiate, prix d'un comportement ultra rigoureux à mes yeux du moment... Mais voila que Ducati propose d'essayer la nouvelle bête de sa gamme, la 999. Je ne vais pas rater ça, foi de vieux motard (presque) blasé ! Depuis la première 916, présentée en 1994, Ducati nous présentait régulièrement les évolutions de ce modèle, de la 996 à la 998. Puissance accrue, couple à la hausse, châssis revu, meilleur freinage, bref, que du bon.
Cependant, le superbe look changeait peu car il faut admettre que celui que proposait cette machine en 1994 tranchait radicalement avec le côté presque vieillot des séries précédentes qui, de face, faisaient penser à la K1 de Bmw avec des qualités sportives heureusement plus.affirmées, plus Ducati quoi ! |
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| Fiche |
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Moteur |
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Poids |
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Cylindrée |
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Puissance |
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Réservoir |
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Prix |
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| Cette nouvelle ligne sera copiée |
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par les Japonais eux-même qui créeront quelques machines à châssis plus ou moins tubulaire et qui iront plus loin dans le "plagiat" en fabriquant des moteurs V-twins esthétiquement inspirés du twin en L à 90° de Ducati. Comme Harley, Ducati peut se glorifier d'être copier dans son style. Copié seulement. Pour les puristes, le "bruit" d'un moteur japonais, même V-twin et même si ces derniers ont beaucoup de qualités, n'a rien à voir avec la musique du moteur italien qui reste pour beaucoup le plus beau et le plus pur. Question de goût ? Peut-être... C'est un peu le côté pratique du skaï qu'on lave à l'éponge et que l'on jette rapidement opposé à la noblesse du cuir que l'on respire et que l'on caresse des années durant...
J'arrive chez le concessionnaire Ducati de Toulon en presque fin d'après-midi de la mi-octobre, vers 17h45. Un fait à noter car trop rare dans le milieu, je suis reçu par de vrais pros, avec beaucoup d'amabilité bien qu'ayant précisé que je ne désire qu'essayer la moto et non pas l'acheter. Du moins, pas tout de suite, le temps de faire quelques économies. Le patron des lieux me rassure en me disant que ce n'est pas un problème, la moto est là pour être essayée car, dit-il, nombre de possesseurs de motos, japonaises ou autres, parlent des Ducati sans jamais en avoir essayé une. Argument choc qui fait tilt dans ma tête ! Il est vrai que déjà, dans les années 80, un ami Ducatiste me faisait remarquer le faible diamètre de la fourche et du cadre de ma 1000 CBX Honda par rapport à sa 900 Ducat. Malgré la souplesse de son moteur, elle se tortillait, la CBX, et elle freinait mal...Bref, j'étais largué au premier freinage ou au premier virage. J'avais moyennement aimé..
Pendant ce temps, le mécano fait doucement chauffer la bête devant la belle concession toulonnaise et la musique jouée par la double sortie d'échappement elliptique située sous la selle me fait vibrer de la tête aux pieds. Instant magique, j'ai l'impression de n'être jamais monté sur une moto tant l'excitation est grande... J'enfourche la Diva rouge et première surprise, l'assise de selle qui semblait large est pile-poil faite pour moi. |
| | Deuxième surprise, |
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vu la faible épaisseur du revêtement de celle-ci, je craignais "l'effet bout de bois" des générations précédentes. Et bien non, je suis assis confortablement et les commandes modernisées sont là où on les attend. Je constate que l'on est beaucoup moins en appui sur les poignets que sur la 916, c'est flagrant et bien plus confortable, surtout en ville, même si ce n'est évidemment pas le terrain de chasse préféré de cette machine. Le réservoir est bien "pincé" par les genoux et l'on ne ressent quasi aucune vibration parasite. C'est presque dommage tant le moteur suggère de communier avec lui. Les reposes-pieds ne sont pas trop haut perchés et en plus ils sont réglables en 5 positions différentes afin que chaque pilote adapte les commandes à sa morphologie. L'ensemble selle-dosseret est également réglable dans le sens longitudinal sur la version monoplace. Bref, l'ergonomie n'est pas en option. Du grand art ! Une autre superbe pièce qu'il faut longuement détailler pour comprendre ce qu'est la belle mécanique, c'est le bras oscillant en alliage sablé et son réglage de tension de chaîne, c'est vraiment superbe, chapeau aux concepteurs ! Châssis, fourche, amortisseur arrière et bras oscillant sont en parfaite osmose et assurent une rigidité très sécurisante à la moto. Va chercher bonheur dans les virages, va, va... !
Mais prudence tout de même, il y a beaucoup de voitures et mes pneus sont froids. |
| | J'enclenche la 1ère; |
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Pas un cil ne bouge, pas de "Clang", rien. Pourtant, elle est bien engagée cette première vitesse, du moins je le suppose car le voyant de point mort s'est éteint... Je relâche doucement l'embrayage et démarre sur le couple, dans une grande douceur... La 1ère était bien enclenchée, ouf ! Le patron de chez Ducati aurait mal compris que je me gaufre au démarrage. Le bruit caractéristique de l'embrayage à sec des Ducati au point mort est toujours là puisqu'il n'y a pas d'huile pour étouffer le bruit de son fonctionnement. D'ailleurs, il disparaît dès que l'on actionne la poignée d'embrayage ou qu'une vitesse est en prise. Une dizaine de bornes sur l'autoroute pour rejoindre une route bien viroleuse de mes connaissances et mettre les pneus en température (bizarrement des Michelin Pilot et non des Pirelli Diablo) et c'est parti!
Le compteur digital très visible sous le nez, on lit sans problème la vitesse instantanée et on se fait vite une idée du nombre de points en moins sur son permis si la maréchaussée a pour mission de remplir les caisses ce jour là. Mais non, ils sont sympas et me laisse la bride sur le cou et ils ont raison, je suis tout sauf un irresponsable qui se croit seul sur la route. Les irresponsables, ils risquent d'être en face de moi, alors, gaffe. |
| | Je suis surpris par la pêche de ce moteur. |
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Pourtant, il est bridé selon les lois françaises et ne totalise que 1200 bornes, donc calmos sur les régimes. Quand on respecte la belle mécanique, même celle des autres, on ne flingue pas bêtement l'avenir d'un moteur, c'est un état d'esprit. Donc, malgré cette castration bien française propre à rassurer les possesseurs de Porsches, Bmw et autres grosses Merdes Sèches (qui se font tout de même mettre un boulevard à chaque occasion) et pour lesquels la puissance reste libre, la 999 pousse méchant, très méchant. Je dis bien méchant et pas brutal tant le couple est omniprésent, toujours accompagné de la symphonie du twin en L à 90° baptisé "Testastretta" (tête étroite) par les ingénieurs transalpins. Jamais je n'ai eu l'occasion de mener (restons humble!) une moto qui attire autant les regards. C'est assez extraordinaire. Il y a même un type en voiture, devant moi, qui me faisait signe, tout en se serrant à droite, de ne pas le dépasser trop vite pour pouvoir regarder la 999 de plus près ! Normal, un bolide rouge comme celui-là, avec son regard de cyclope des temps modernes, c'est du jamais vu dans un rétro de voiture, alors ça suscite beaucoup d'intérêt auprès des connaisseurs et des esthètes... Arrivent les premiers virages. De Dieu, que ça freine fort ces Brembo !
Devant moi, un gars en Suz TL grise qui manifestement connaît le coin, tente de me larguer mais en fait il me gêne dès qu'on arrive dans les virolos car je ne cherche pas à le passer sur les petits bouts de lignes droites. Et je n'en rajoute pas, juré ! Je ne connais encore pas la Ducat mais elle me semble tellement facile que j'ai l'impression d'être loin d'en tirer la quintessence. Celui qui y parviendra sera difficile à suivre, c'est certain ! Le gars fini par tourner dans un petit chemin qui ne mène nulle part. La pression ? Y faut pas, le plaisir, rien que le plaisir, pas les risques, c'est trop con. Pour se faire des chaleurs en sécurité, il y a des circuits, c'est fait pour ça !
Au final, parce qu'il a bien fallu rapporter la moto et redescendre du nuage, c'est avec des larmes de bonheur que je suis revenu à la concession et quand le patron m'a demandé "Alors???", je n'ai pu, sur l'instant, que lui éructer ce qui me venait du fond du cour: "Wouhaouhhh !!!" |
| | Conclusion |
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Cette moto, elle doit être en liaison télépathique avec son pilote, c'est pas possible autrement... Tu arrives dans une belle série viroleuse, tu regardes le point de corde où tu veux passer, même au millimètre et même si cela semble incroyable, la moto y va toute seule ! Démoniaque !
Un conseil, allez l'essayer, c'est gratuit, c'est beau, c'est bon (ohhh, oui !) et vous aurez votre avis à vous, pas seulement le mien ou celui des autres.
En plusieurs dizaines d'années de ma vie de motard (svp, dites pas "vieux", dites "expérimenté", je préfère !), j'ai piloté toutes sortes de motos, mais jamais l'une d'entre elles ne m'a bluffé et séduit à ce point. Sincèrement, cette 999, c'est une bombe et on en reparlera sous peu, c'est certain. A mes yeux (reposés après ce fol essai...) et après réflexion à froid, une chose est sûre, c'est devenu LA référence, toutes catégories confondues. Même à 17000€ la pièce, ce qui correspond quasiment au prix du modèle précédent, je l'aime déjà ! Et que dire de la version 999S, encore plus puissante, encore plus coupleuse... mais 3000€ plus chère, le prix des éléments type Superbike qui la composent: Fourche et amortisseur arrière Öhlins, entre autres "détail", et certitude de déposer tout ce qui roule dès les premiers virolos, en égoïste, mais sans cracher sur les (bonnes) japonaises genre 750/1000 Suz, (tu fais la différence, toi ?) même si elles seront périmées dans un an. Z' avez vu une 916 de 1994 ? Et bien elle a toujours cette superbe gueule, quasi intemporelle.
Une chose est certaine, si j'ai une 999 un jour, je la laverai avec la langue !
Comme chez les jolies femmes, la beauté se fane, pas le charme qui fait toujours pétiller leurs yeux. |
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