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Tunisie 2 Les dernieres
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Raid en Tunisie (2ème partie)
Je savais avant de partir qu'il me faudrait raconter ce que j'allais vivre, pour la famille, les amis, et me souvenir aussi. Je décidai de prendre mon pc et de noter jour après jour les événements passés. De mettre ça sur le Net pour faire partager mes émotions et donner aux autres l'envie d'y aller. Chaque jour fut une émotion forte. Par les décors naturels, les gîtes, les pistes, les Oasis, le désert, l'organisation, les petits événements de motards et les rencontres avec des gens de là bas où d'autres voyageurs. |
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| Mardi 6 : |
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Ce qui nous était promis arrive. Faire de la piste et de la dune. Nous nous retrouvons au guidon de Quad de locations. Mahmoud nous explique la technique et les précautions à prendre avec ces engins à quatre roues. Sitôt fini c'est onze fous qui s'élancent à l'assaut du désert. Nous voulons nous venger de l'humiliation de la veille. Surtout Mimi qui a horreur du sable en moto. Sur nos engins la piste est un jeu et le franchissement de ces montagnes de sable un bonheur! Nous faisons cette piste à fond, vengeance de la veille. Nous constatons qu'il nous aurait fallu huit jours pour la parcourir en moto. Visite du décor ensablé de Star Wars, puis quartier libre pour aller s'exploser sur les dunes environnantes. Le désert, le vrai, le grand, la chaleur, l'odeur de rien et du sable, des dunes à perte de vue, ce n'est pas vide, ce n'est pas la vie, c'est immense, c'est beau ! Trois heures plus tard c'est complètement épuisé que nous restituons les engins. Suit un pique-nique dans une oasis proche. De la fraîcheur végétale et un petit repos avant de repartir pour notre prochaine étape qui sera la ville de Douz. La traversée du grand Chott El Jerid nous surprend de nouveau. Cette ancienne mer qui s'est refermée est maintenant devenue en grande partie un lac salé. Le peu d'eau saumâtre qu'il y a, est de couleur totalement différente de part et d'autre de la route qui traverse et sépare en deux ce monde cristallin. Il y a un Chott rouge et un Chott Vert. Chott signifie « plage ». Arrêt dans une halte au milieu de cet univers étrange. Un thé, un coca, pour se rafraîchir, le propriétaire de ce lieu a une « gueule » pas possible. Un personnage comme nous en rencontrerons d'autres. Le vent se lèvera sur notre route. Le ciel deviendra d'un superbe gris et le passage de nos motos soulève une fine poussière de sable qui pénètre absolument partout. Visière de casque fermée, foulard sur la bouche, le chewing-gum que je mastiquais devient craquant de sable. Il ressemble à un Treets mais impossible de le cracher à cause du foulard sur la bouche !. Les yeux nous piquent, le nez est bouché mais que c'est beau ! |
| | Mercredi 7 : |
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Aujourd'hui il y a une grande étape de piste qui sera composée de deux parties. La première est roulante pour toutes les motos, la seconde ne sera faite que par ceux qui le désirent. Arrêt au pied de la piste pour prendre le thé traditionnel accompagné de pâtisseries succulentes offertes par un brave homme. Lui aussi a une tête à jouer dans les westerns d'Ennio Moricone. Son petit café a été détruit par le feu. Il n'a presque rien au milieu de nulle part mais l'hospitalité est merveilleuse. Les 32 premiers kilomètres de piste sont sans trop de difficultés mais j'ai l'impression que ma moto va tomber en pièces détachées. Celle de Marco le sera. Trous, bosses, caaailloux (chers à Michel), avec des pointes à 120 kms / heure l'erreur peut faire mal, mais c'est le pied ! Fin de la première partie avec un arrêt à Bir Soltane. C'est l'arrêt à faire et à voir. A faire, car les litres de sueur perdue sur le premier tronçon doivent être repris à grands coups d'eau fraîche et de thé. A voir, car c'est un petit café en plein désert où tous les voyageurs déposent, qui sa carte de visite, qui sa photo, qui sa carte d'électeur et j'y ai même vu une carte vitale! La deuxième partie de 45 kms est plus difficile, il y a des Oueds à traverser. Ils sont à sec mais pleins de sable mou, le vent a aussi crée des congères de sable. Les motos trop lourdes sont exclues d'office et il est laissé à l'envie, ou la force de chacun, de choisir, ou pas, la piste. Les motos restant sur place, leur pilote emprunte un 4x4 loué. Je fais partie des quatre qui décident de continuer. J'ai payé pour en Ch. alors j'y va ! Cette partie nous réserve que des galères. Karim fera une sortie de piste impressionnante avec la moto de Michel. Sortie causée par une crevaison avant. Les carters plastique de la moto seront réduis à l'état de copeaux ! Changement de la chambre à air contre une autre qui est aussi crevé. Je lui passe la mienne et nous repartons après 1 h 30 sous le soleil. Plus loin c'est Marco qui constate que sa moto est désagrégée sous les secousses de la piste. Comme le petit Poucet il en a semé partout ! Sa moto finira le trajet avec un nombre considérable de colliers de serrage, fils de fer et ruban adhésif en tout genre. La chaleur, la piste, le sable auront raison de moi après quelques Kms. Trois chutes successives m'ont vidé de mes forces et brisé quelques carter. Je passe le guidon à Gilles qui finira le trajet. Trois heures pour ces 45 Kms. Nous mettrons 50 min au retour ! Le bout de la piste est l'Oasis de Ksar Ghilane. La dernière avant le grand Erg Oriental. Toujours l'émerveillement ! Nous croisons des cavaliers en tenue d'apparat, ils sont superbes sur leurs pur-sang parés. Laurence d'Arabie en chair ! Une promenade à cheval nous est proposée mais nos postérieur ont déjà bien souffert. Une source d'eau tiède alimente un bassin dans lequel nous nous jetons tous. Le paradis existe !! Il est tout de suite après l'enfer de la piste. Le sommeil sous des toiles berbères réparera les courbatures. |
| | Jeudi 8 : |
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Je me réveille à l'aube et plonge dans l'eau chaude de l'Oasis. C'est au-delà du bonheur. Ensuite je saute les petites haies faites de palme qui entourent l'Oasis. Sous mes yeux le soleil se lève sur les dunes du désert. Désolé mais il n'y a aucun adjectif qualificatif pour exprimer la grandeur du spectacle. J'ai souvent été septique, quand dans des récits de voyages l'auteur parlait de la magie du désert. Quelle magie pouvait-il y avoir dans une étendue de dunes ? Ben y'en a une, et elle est inexplicable ! Allez-y, vous verrez !!! Petit dej et "En selle" Après une bonne nuit je me sens en forme pour faire la piste dans l'autre sens. Les quatre même Gugus repartent à donf sur la piste. De la folie ! Je prends une p'tite gamelle pour le plaisir, enfin presque, et en 50 mn nous rejoignons la halte de Bir Soltane. Le 4x4 dépose ceux qui ont fait les « pinpins » pour qu'ils puissent récupérer leurs motos et nous rejoignent. Nous empruntons une autre piste pour Matmara. 40kms ou même vos plombages tombent ! Mahmoud prend la moto de notre « Mimi ». Ce type est fou sur une piste ! Zitoune a des problèmes avec sa batterie et son régulateur. Une petite recharge via le 4x4 et ça repart ! Michel est victime d'une nouvelle crevaison à cause des Kaaailoux. Nous faisons demi-tour pour le soutenir dans sa galère car nous, nous ne savons pas réparer une roue. Fin de la piste, petite route qui nous amène vers notre étape. Michel a de nouveaux problèmes. Sa moto finira le trajet jusqu'à Matmara en remorque derrière la BMW de Karim. Arrêt à Matmarat la nouvelle (et oui c'est comme chez nous, il y a des villes nouvelles) dans la caserne de la garde nationale ou nous rejoint un meccano qui doit réparer la Zitounette Barrilla d'Olivier (dit Zitoune). Changement de sa batterie et de son régulateur de tension. C'est la magie des organisateurs qui vous trouvent n'importe quelles pièces de n'importe quelle moto en 4 heures quand votre concessionnaire français va mettre 8 jours. Michel en profite pour voir ce qui fait ressembler sa moto à un Solex Diesel. Résultat, filtre à air bouché ! A la nuit tombée nous arrivons à Matmara l'ancienne. Dans un gîte troglodyte nous sommes accueillis. La mise en scène est féerique. Au milieu d'une cour close, une grande table est dressée sur des tapis. Des bougies illuminent ce décor. Un repas traditionnel de chevreau cuit dans un four de terre nous est servi. Nous dormirons dans des chambres creusées dans la roche tendre. Pas d'électricité, pas d'eau courante, aucun confort « moderne » mais ce genre de choses serait choquant dans ce tableau naturel. |
| | Vendredi 9 : |
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Nous sommes quelques-uns à être réveillé tôt. Il fait petit jour et le spectacle du décor naturel, que nous n'avons pas vu pour cause d'arrivée tardive est surprenant. J'assiste à la prière d'un homme de l'équipe de Faouzi. Un tapis, un homme, une foi, dans ce décor ! C'est une image qui me restera tellement elle était forte. 7h30 : Nous prenons les motos pour un petit dej à la terrasse d'un café du centre ville. Nous sommes le sujet de conversation des enfants du village qui attendent le car scolaire. Visite d'un autre site troglodyte où fut tourné une seconde scène de Star Wars. Preuve que la Tunisie est parfois une autre planète ! « En selle » pour Monastir via Sfax où nous déjeunerons. Pour la première fois nous allons emprunter les grands axes de circulation. La police et la garde nationale nous ouvrirons la route tel un président de la république en visite officiel. Impressionnant ! La réception est royale dans le seul jardin de la ville qui est au milieu du plus grand hôtel de la ville. Le chef en personne nous recevra, c'est dit-on très difficile de le sortir de ces fourneaux. Merci encore de l'honneur. Après et pendant l'apéritif mais avant le festin, deux barbiers vont se donner à cour joie de nous mettre la boule à zéro ! Tradition paraît-il. Ensuite un rasage à la lame et une épilation au fil de soie. Cela fait un peu bobo mais après vous avez une peau de Bébé. Plus tard, bien plus tard nous repartirons pour Monastir qui sera notre étape de repos du Samedi. Ouffff !!!
Samedi 10 :
Jour de repos à l'hôtel où chacun d'entre nous fait ce qu'il lui plait. Piscine, plage, massages, sieste, visite des Souks de Monastir ou Sousse. Au dîner du soir une très belle réception nous est offerte. Faouzi nous montrera tout son savoir-faire en matière de réceptions. Immense et superbe table dressée, orchestre traditionnel. Plats délicieux et vins fins. Remise de cadeaux de la part des organisateurs. Djellabas rose pour ces dames et bleu pour ces messieurs. Manquent les cartables et nous pourrions longer les routes de Tunisie comme les écoliers rencontrés tout au long de ce périple. Nous enfilons ces tenues pour les photos de groupe. Ça sent la fin ! |
| | Conclusion |
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Dimanche 11 :
A 8h « En selle » pour le port de la Goulette où le bateau nous attend. Notre escorte policière nous quitte à l'entrée de l'unique autoroute du Pays. Il était temps que ce parcours finisse pour la moto de Zitoune, le joint de culasse rend définitivement l'âme à 10 kilomètres du port. Il était amusant de voir Olivier utiliser sa moto comme pipe à eau à la fin des étapes du soir ! Un bout de durite dans le vase d'expansion et il soufflait pour remettre le liquide de refroidissement dans le haut moteur. Après il mettait une paille dans un verre de Pastis et aspirait. Croyez moi il n'a jamais fait le contraire! Le bateau c'est nous qui l'attendrons à cause du mauvais temps. Certains se sentent déjà malades à l'idée d'une traversé houleuse ! Puisque nous avons du temps de disponible, qu'il est midi et que nous avons faim et un peu soif, direction un petit restaurant du centre ville qui nous fera un repas de poissons péchés le matin même. Embarquement et le ferry Méditerranée quitte le port à 16h30. La traversée ne sera pas si houleuse que ça puisque le bar n'a pas bougé de place ! L'annonceur de ce bateau vous amuse avec une façon très particulière de commenter les appels aux voyageurs. Mémorable !!
Lundi 12:
17h30. Débarquement à Marseille. Déchargement des motos sur le parking du port. Celle de Zitoune restera sur le plateau pour cause de joint de culasse HS. Une séparation difficile pour ceux qui rentrent directement chez eux. Nous serons quelques-uns à nous retrouver à Grambois, là où tout avait commencé. Zitoune prépare le Pastis et Martine nous prépare une fondue bourguignonne. Chacun ses aptitudes ! Mahmoud repartira le soir même avec Jean Marc et sa moto sur le plateau.
Mardi 13:
Tôt le matin nous serons trois à repartir vers le Nord et deux au Sud. Zitoune nous accompagnera jusqu'à Manosque avec sa belle moto jaune. Marco et Michel prendront le chemin des écoliers pour retrouver les Pyrénées. J'appris plus tard que Michel eu une nouvelle crevaison. Met des pneus en bois mon grand, avec un bon coup de xylo par an tu seras tranquille ! Pour nous trois c'est Manosque, Sisteron, le col de la croix haute, Grenoble. Mimi et moi-même quitterons Fabrizio qui continuera sur Genève. Il n'aura que deux heures pour reprendre son travail. Il a du faire fort pour être à temps ! Puis direction Lyon, Villefranche S/ Saône avec un arrêt pour cause d'appétit et de pluie. Le soleil de la Tunisie semble loin. Je laisse la belle Mimi a regret et me dis que j'ai semé une amitié sur ma route. Pour moi c'est Paris et Mantes la Jolie où j'arrive à 19h30.
J'y retournerai là- bas. Pour la découverte, pour la rencontre humaine, pour l'accueil, pour l'organisation, pour le vert du Nord, le sable du Sud, pour des milliers de raisons qui font que ça doit être fait ou refait.
Je suis parti de Mantes la Jolie le 18 Avril et rentré le 13 Mai en ayant parcouru 5900 Kms ! |
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| Crédits |
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| Balade réalisé le 1 mai 2003 |
| Texte et photos : Gérard |
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