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Route de la soie Ailleurs
Reparti... au Pakistan cette fois !

Vous vous souvenez de Corentin ?
Première balade à moto pour fêter son permis : direction la Syrie avec Madame ... Il récidive et pour sa seconde virée et s'en va cette fois au Pakistan ! Excusez du peu.
Il nous a promis qu'en route il s'arrêterait dans des Cyber C@fés pour envoyer des mails et faire rêver la Tribu !

Pratiquement quatre mois de balades pour aller de Toulouse au Pakistan en suivant la route de la Soie ... comme dit Delphine qui s'occupe des pages 'Humour' du site :
"Que la force SOIE avec toi, Corentin !"

LE JOURNAL DE ROUTE RECU PAR EN MAIL DE CORENTIN ...
Préparer la moto ; 14 Septembre : derniers mots avant le départ ; 29 Septembre : Dogubayazit ; 4 Octobre : Ispahan ; 9 Octobre : Bam à Dogubayazit ; 24 Octobre : Goreme ; 2 novembre : L' Arrivée (dernier mail)
ÉTAPE 1
"Dernière ligne droite de ma préparation. Fébrilité d'avant les grands départ. L'angoisse de partir, ou de partir seul ?
Questions maintes fois répétées, ressassées dans la douce chaleur de la vie quotidienne. Avec pour seule réponse les adjectifs de la route au long cours qui s'entrechoquent en moi, qui claquent comme des coups de vent dans la voile :
horizons lointains, là-bas, rencontres, lignes internationales, villes cosmopolites, sous les étoiles, entre Orient et Occident, entre chaleur et poussière. C'est décidé, je pars.
Les cartes sont dépliées, les guides cochés, annotés, surlignés. Les listes d'affaires à emporter sont vérifiées, modifiées, corrigées. Essais de chargement, putain çà se complique !
Et le visa iranien, et le carnet de passage en douane, la pharmacie, le matériel photo, et la préparation de la moto, les pièces détachées, oui mais lesquelles ? les dernières nouvelles de la route sur Internet, la recherche de sponsors (ami sponsor qui me lit avec cette irrésistible envie de sponsoriser, je te signale quelques emplacements libres sur la moto pour satisfaire ton irrésistible envie de sponsoriser ! ).
Départ programmé le 12 septembre au matin de Toulouse, embarquement sur le ferry à Ancône le lendemain midi. Débarquement le 14 septembre en Grèce, et direction la Turquie, l'Iran et le Pakistan, avec pour point d'orgue la Karakorum Highway qui franchit la chaîne de l'Himalaya à 4 700 mètres d'altitude. Là est la frontière chinoise, où je ferai sagement demi-tour, et rentrerai à la maison.
Une virée de 2 mois rendue possible grâce aux dispositions de l'accord des 35 heures signé par mon entreprise.
Je ne manquerai pas de vous donner des nouvelles fraîches de la route, puisque celle-ci est ponctuée d'arrêt dans les cafés-internet de tous les pays traversés.

See you soon on the Moon"


Le 14 septembre

Ces quelques mots d'avant mon départ devaient être des mots de bonne humeur, sereins. Ils ne le sont pas. Que dire, que faire ? Partir, ne pas partir ?
Ces questions sont dérisoires face à l'énormité de l'événement. La planète a-t-elle perdu la raison ?
Demain, au tout petit matin, je prendrai la route sur la pointe des pieds.
Et je vous dit à bientôt sur cette page, et merci à tous ceux qui m'ont fait parvenir leurs encouragements, et que je n'ai pu remercier individuellement.
Dogubayazit le 29 septembre
Je vous écris depuis cette petite ville Turque a 35 kilomètres de la frontière Iranienne. Devant moi le Mont Ararat et ses 5 000 mètres d'altitude, ou la légende veut que se soit échouer l'arche de Noé après le Déluge.
Mais ce n'est qu'une légende ! Derrière le Mont Ararat l'Arménie et sa capitale Erevan. A droite l'Iran. Je suis arrivé ici après avoir suivi depuis Istanbul le chemin des écoliers à travers la Turquie. Laissant derrière moi l'ancienne capitale de l'empire Ottoman, je me suis rendu à Hattusas, l'ancienne capitale de l'empire Hittite a l'est de Ankara.
Puis ''petit'' crochet par le Nemrut Dagi, l'un des plus célèbre site touristique Turc. De la, route tranquille (excepté les nombreux contrôles policiers, mais rien à voir avec la situation de guerre que j'ai connu ici en 1997) à travers le Kurdistan jusqu'à Van et son lac de toute beauté entouré de volcans.
Et c'est la que ma pompe a essence a rendu l'âme. Heureusement que j'avais connaissance de ce point faible de la moto, j'en avais une de secours.
Le camping a Dogubayazit est le rendez-vous des voyageurs. Hier soir il s'est ainsi formé une petite assemblée internationale : Anglais, Allemands, Neerlandais, Australiens, Suedois, Polonais, Sud Africains, et un Francais.
Demain je prends la route de la frontière avec un motard Allemand. Nous serons demain soir du coté de Tabriz. A la prochaine.

Le 4/10 a Ispahan, 21h00 :

Déjà 9 jours que je sillonne l'Iran en compagnie de Gregor, le motard Allemand rencontré à Dogubeyazit en Turquie. Notre route a ce jour: frontière a Bazargan, Tabriz, Zanjan, Hamadan, Ispahan, Yasd, Kerman.
A Tabriz le guide Lonely Planet disait a propos de l'hôtel ou nous sommes descendu : ''This place seems especially popular with cyclists and motorcyclists''.
Et pour cause ! Le gerand nous a priés de garer nos 2motos (1000cm3 et 750cm3) dans le hall d'entrée ! Rien que ça.
État des routes en Iran : impeccable, que ce soit les nationales ou les petites routes désertiques.
Par contre le type de conduite pratiquée dans ce pays est une gymnastique qu'il est nécessaire d'aborder avec beaucoup de philosophie, sinon gare aux cheveux blancs...
Nous sommes 4 voyageurs a chercher dans de petites rues désertes, sombres, mal éclairées, notre chemin pour nous rendre a la salle ou se pratique le zurkhaneh.
Après maints tours et détours, nous sommes enfin accueillis a la bonne adresse par le maître des lieux, un solide gaillard moustachu.
Le zurkhaneh, littéralement la "maison de la force", est une pratique multicentenaire unique a l'Iran. Il combine la musculation, la poésie et la musique.
Nous pénétrons dans une pièce décorée de dizaines de photos jaunies et de trophés. Au centre une petite arène en contre-bas, sur le périmètre des chaises pour une cinquantaine de spectateurs.
Depuis son estrade, le maître de cérémonie récite des poèmes en s'accompagnant d'un tambour et d'une flutte. Il rythme la cadence des exercices que pratiquent les 3 athlètes présents ce soir. Les exercices consistent a manipuler des planches et des quilles de plusieurs dizaines de kilogrammes chacune, en respectant une chorégraphie imposée.
Comme beaucoup d'autres aspects de la vie culturelle Iranienne, la révolution islamique a bien tenté de supprimer le zurkhaneh.
Sans succès.
Le 5/10 a Ispahan, 15h00 :
La chaleur est forte, et nous allons chercher refuge sous les arches du pont Khaju, un chef d'ouvre construit en 1650.
En nous approchant de l'arche centrale, nous entendons du bel canto. Dans la pénombre fraîche, 5 ou 6 hommes chantent les vers de Firdousi (940-1123), de Hafez (1324-1389), de Sa'adi (1207-1291), les plus grands poètes iraniens, dont le souvenir de leurs chansons de geste est encore vivace dans la population.
Les autorités tolèrent cette pratique, mais uniquement le vendredi sous l'arche centrale, car une culture multimillénaire ne peut s'effacer par 20 ans de révolution.
Le petit opéra de l'arche centrale est réellement émouvant.
La mode féminine dans la rue :
Le tchador stricte se porte encore beaucoup. Normal, c'est la loi. Mais de plus en plus la couleur fait son apparition, longs manteaux mi-mollets de couleur claire, beige, vert ou bleu, voire parfois une longue chemise a carreaux qui s'arrête au-dessous du genou. Porter un pantalon noir et un tchador noir qui s'arrête a mi-cuisse est très tendance. Il faut bien réaliser que chacune de ces tenues non conventionnelles est un refus de la loi de la part de ces femmes.
Rencontres : de nombreux jeunes gens et jeunes filles nous abordent spontanément dans la rue pour bavarder en anglais. Ils n'ont rien à vendre, ne cherchent pas à nous entraîner dans une boutique. Non, ils sont simplement curieux et contents de bavarder quelques minutes avec des étrangers. La politique est un sujet rarement abordé.
Le voyage : mon tapis volant va bien depuis le coup de la panne de pompe a essence en Turquie.
Le plein du réservoir, 23 litres, me revient a moins de 1 dollar ! Après le froid et la pluie du coté de Tabriz, voici la canicule depuis Ispahan.
Hier soir a Yasd, nous étions un groupe de voyageurs autour de la TV et d'Internet a l'écoute des dernières nouvelles de l'actualité.
Il y avait la un couple de hollandais a vélo, 1 australienne et 1 néo-zelandais sac au dos, 1 suisse a vélo, Gregor et moi même. La discussion s'est terminée très tôt ce matin.
Ceux qui projetaient le Pakistan revoient leurs plans, ainsi Gregor qui a pris ce matin la route de Bandar Abbas, le grand port Iranien sur le Golfe Persique, pour trouver un cargo vers l'Inde. Nos routes se sont donc séparées.
Demain je prends la direction de Bam, célèbre pour sa citadelle ou fut tourné le film "Le désert des tartares".
A bientôt.
Bam, les 9 et 10/10:
Cette ville, perdue dans le Dasht-e Lut, le désert Iranien central, vaut a elle seule le voyage en Iran. La citadelle veille encore sur une ville morte qui compta jusqu'a 11 000 habitants au 18ème siècle. Bam était alors une étape importante, un caravansérail géant sur la route de le soie. Et c'est peu de dire que la vue depuis le haut des murailles est impressionnante. On se prend a revers de caravanes et de contes des milles et une nuits.
Mais en 1722, une invasion afghane balaya tout, et la riche cite sombra dans
l'oubli. Dans les années 70, ce site fut choisi comme décor pour le film " Le désert des tartares".
A partir de 1988 et la fin du conflit Iran Irak, la route Indes terrestre renaquit, mais en évitant l'Afghanistan en guerre. La célèbre route choisit le Baluchistan (iranien et pakistanais), via Bam qui est aujourd'hui au catalogue de tous les organismes de voyage.
Mais les temps sont troubles, et la situation géographique de Bam ne l'avantage guère, a seulement 300 kms de l'Afghanistan et du Pakistan.
Les frappes américaines ont commencé avant-hier, et c'est dans cette petite ville que j'ai ressenti une hostilité déclarée envers les pays occidentaux (ce sera la seule fois au cours de mon séjour en Iran).
Malgré tout, des voyageurs arrivent du Pakistan, tel Masato Fujita, jeune japonais de 23 ans qui arpente la planète avec son sac a dos. J'espère le recevoir prochainement a Cugnaux puisque notre pays est sur sa route.
Pour ma part, c'est à Bam que je fait le tour du rond-point, laissant très sagement la direction de l'est, du Pakistan instable et de la Karakorum Highway. Je reprend ma course vers l'ouest.
Chiraz, le 11/10:
Je vous ai déjà entretenu de la circulation en Iran. Circuler à moto dans les encombrements citadins me donne dans ce pays l'impression d'être une quille roulante que cherchent a dégommer les boules-autos. Malheureusement, la quille-moto, en voulant éviter une boule-auto, s'est retrouvée les 2 fers en l'air après une jolie glissade. Mais finalement plus de peur que de mal.
Le soir même, je me suis rendu aux manifestations du jour anniversaire du plus grand poète iranien, Hafez (1324-1329), pour lequel il nous est difficile d'imaginer la ferveur populaire. Autour de son tombeau, des centaines de personnes écoutent dans une ambiance bonne enfant les vers récités du grand poète. Et le lendemain, même foule débonnaire, au milieu de laquelle des dizaines de peintres, pour la plupart amateurs et a quelques exceptions prés féminins, mettent en scène le tombeau de Hafez. Les gens se pressent autour du monument fleuri, et je peux voir une grande émotion sur les visages lorsqu'ils touchent de la main la pierre tombale.
Les iraniens sont les héritiers d'une culture très riche que les médias occidentaux ont occulté derrière les excès de la révolution islamique.

Bandar Busher, le 13/10:
Alors que jusqu'ici la température était plutôt clémente, 30 a 35 degrés l'après-midi, il est 16h00 et la température à l'ombre atteint 40 degrés. Je viens d'arriver sur les rives du golfe persique. Le Koweit ou nous habitions est en face, a environ 200 kms.
La route qui mène de Bandar Busher a Ahvaz suit le fond du golfe, a travers des paysages parfois très beaux, qui ne sont pas sans me rappeler les Badlands aux Etats-Unis.
Mais c'est aussi la principale région de production du pétrole Iranien, et je ne fais pas 10 kms sans rencontrer un barrage policier. De toute évidence ils ne voient pas souvent de touristes traîner dans le coin, car je dois chaque fois me garer sur le coté et justifier ma présence au milieu des tuyaux d'or noir.
Inutile de vous dire que je ne sors que rarement l'appareil photo. Dommage.

Sush, le 14/10:
J'ai pris une chambre dans l'unique hôtel de la ville et je prend l'air a l'extérieur. Commencent à arriver des voitures par dizaines. C' est le banquet d'une noce. Les convives s'installent dans la grande salle du restaurant.... coupée en 2 par un immense rideau opaque. Les femmes d'un coté, les hommes de l'autre.
Même si les Iraniens ont gagné quelques libertés depuis l'élection en 1997 du président Kathami (réélu cette année), les conservateurs de Qom gardent encore la main haute sur l'obscurantisme d'état.
L' Iran de 2001 me fait penser a l'Algérie des années 70. Sous prétexte du culte de la révolution, et dans le cas de l'Iran, du martyr de ses enfants pendant les 8 ans de boucherie avec l'Irak, une poignée de parvenus bien pensants prétend tout contrôler. Jusqu'à la façon de penser et de se comporter du peuple.
Exception faite de la classe aisée des grandes villes, le peuple Iranien vit chichement. En témoignent sur les trottoirs ces alignements de vendeurs de tout et de n'importe quoi, assis devant leur pauvre étal : babioles en plastique, cigarettes a l'unité, verres de thé...
Et tous ces particuliers qui s'improvisent chauffeurs de taxi au volant de guimbardes usées jusqu'à la corde.
La jeunesse de ce pays est impatiente. Elle a fait des études, et les jeunes diplômés ne trouvent pas d'emploi.
La jeunesse de ce pays à aujourd'hui 20 ans. Elle n'a pas connu l'exaltation de la révolution, et les slogans d'état qui couvrent les murs ne canaliseront pas longtemps sa soif de vivre.
Attention, danger.

Dogubayazit, le 18/10:
j'ai repassé la frontière Iran Turquie hier apres-midi, pour cause de fin de validité de mon visa.
Et je profite de cette journée de froid et de pluie incessante pour prendre un peu de repos.
A bientôt
je reprend la route demain matin, amitiés.
Corentin
Goreme en Cappadoce, le 24/10 :
Je ne crois pas vous avoir déjà parlé de la nourriture en Iran. Et bien allons-y.
Ce sujet me fait penser a la scène mémorable du film ''Forest Gump'' lorsque, dans la jungle du Vietnam, son camarade lui débité inlassablement les menus qu'ils offriront dans le restaurant de leur rêve : meat kebab, chicken kebab, mixed kebab, sadwitch kebab, fish kebab ... etc...
Ce fut exactement mon menu quotidien en Iran, accompagné de l'éternel riz et du célèbre Zam-Zam, la copie réussie du Coca-Cola.
A l'exception de 3 fois. Ce fut lors des arrêts de midi dans ces gargottes de bord de route. A peine descendu de moto, et alors que les tenanciers s'apprêtaient a mettre aux braises les kebabs qu'ils me destinaient, j'avisai dans leur boutique des oeufs frais. Par geste je parvins a ce qu'ils me servent des oeufs au plat. Putain ! qu'ils étaient bons !
Insolite :
Après une journée de repos a Dogubayazit, passé a attendre que le ciel redevienne clément, j'ai pris le 19/10 la direction de Ankara. Entre Dogubayazit et Erzurum, la route traverse le plateau de l'Anatolie centrale, a une altitude moyenne de 2 000 m. Le paysage est désolé, désertique, les montagnes dans le lointain sont déjà recouvertes de neige, et la température ne dépasse guère 5 degrés.
Abrité du vent glacé derrière la moto et son chargement, j'essaie en vain depuis 5 minutes d'allumer une cigarette. Toute mon attention est occupée à cela, quand soudain je réalise que des moteurs viennent de s'arrêter a mes cotés. Je me relève et me trouve nez a nez avec un géant casque, pas rasé depuis plusieurs semaines. derrière lui sa femme est tout sourire, emmitouflée dans ses châles.
Ainsi ai-je fait la connaissance de Fabio, bûcheron, et Christina, prof de yoga, tous deux la quarantaine bien sonnée. Ils sont italiens, originaire de la région de Venise.
Ils ont débuté fin septembre un tour du monde et se dirigent vers l'Iran. Leur moyen de transport ? 2 scooters 150 cm3, sur lesquels flottent un gigantesque drapeau arc-en-ciel : ''For peace'', ajoute Fabio. De l'intérêt d'Internet en voyage :
comme tous les voyageurs actuellement sur la route des Indes, Fabio et Christina se posent la question de l'alternative à la traversée du Pakistan.
Je leur ai donc donné l'adresse e-mail de Gregor, le motard allemand dont la route a divergé de la mienne le 8/10. Il devait alors tenter de trouver à Bandar Abbas un bateau vers l'Inde.
Nos 2 italiens obtiendront ainsi des informations fraîches sur cette possible solution.
Ankara, le 22/10:
Il n'est pas possible de voyager à travers la Turquie sans remarquer le nombre incroyable d'autobus qui sillonnent les routes du pays. Pour comprendre l'importance de ce moyen de transport, il faut se rendre au Yani Otogar, la station d'autobus de la capitale turque.
Le Yani Otogar est construit comme un véritable aéroport, avec l'immense hall d'accueil, les panneaux d'affichage, les annonces de départ et d'arrivée, les comptoirs des compagnies, les salons d'attente, les boutiques... S'asseoir et observer. C'est fascinant.

Le 24/10, 17h00:
Alors que je vous tape cette lettre arrive un message de Gregor. Le prix du bateau pour l'Inde étant trop élevé, il s'est rendu a Bam, et la, a recueilli les informations des voyageurs arrivant du Pakistan.
Sa décision a été de traverser ce pays. Il se trouve en ce moment même à Quetta, après la chaude traversée du Baluchistan depuis la frontière Iranienne.
Nos 2 italiens à scooter suivront-ils son exemple ? Affaire a suivre...
Amitiés, Corentin.
Conclusion
Le dernier texte de ce voyage qui s'est achevé vendredi 2/11 à 22h00 :

bonjour tout le monde, je suis ce soir a Igoumenitsa en Grece. Je prends le ferry demain matin pour Venise. Arrivée ce week-end a la maison, avec 2 semaines d'avance, du fait des évènements au Pakistan qui ne m'ont pas permis de visiter ce pays. Mais ce n'était qu'un 1er essai...
Cugnaux le 02 novembre, 22h00 : Je viens de garer la moto devant notre maison, et coupe le contact après une étape non-stop depuis Venise. Peut-être pas tout à fait raisonnable, mais au bout de la route il y a eu cette joie de retrouver les miens.
Encore quelques lignes en vrac en guise de conclusion :
Remerciements : avant tout un grand merci à Marie-Loue et à nos enfants pour votre patience. Merci à Jacques DIGOUT, l' auteur de 321moto.com, et à Yvon Bodelot de la société Touratech à Orange pour leur aide. Merci à Myriam Laffont pour son article dans la Dépêche du Midi. Et finalement un grand merci à celles et ceux qui n' ont cessé de m' envoyer des mails pendant ce périple. Ils m' ont toujours fait plaisir.
Itinéraire : 15 938 kilomètres en 7 semaines. 2 vidanges et 1 changement de bougies.
Formalités : Le visa Iranien doit être obtenu avant le départ, il n'est pas délivré à la frontière. Le carnet de passage en douane est obligatoire pour le véhicule. Il s' obtient auprès de l' Automobile Club de France.
Argent : En Iran, seul le cash en dollar est accepté. Sauf à de rares exceptions près, les cartes bancaires et les chèques de voyage sont inutilisables dans ce pays. J' ai toujours changé soit dans les hôtels, soit dans la rue. Les cours pratiqués sont les mêmes que dans les banques, et çà ne prend pas plus de 5 minutes. Cours moyen : entre 7500 et 8000 rials pour 1 dollar. Mon séjour en Iran tout compris (hôtels, essence, repas, souvenirs, entrées monuments, divers) m' est revenu à 134FF par jour. Les distributeurs automatiques de billets fonctionnent parfaitement en Turquie. Ils sont généralement bilingues turc-anglais.
Panne : La pompe à essence en Turquie, après seulement 2 semaines de voyage !
Pneus : T66 Michelin, excellents. Aucune crevaison.
Frayeur : Ma glissade à Shiraz en Iran.
Photographie : 2 appareils reflex Minolta (8000i et 500si) et un pocket Olympus pour les photos discrètes. Objectifs : 28mm, 50mm et 135mm, zooms 28-80mm et 70-210. 50 pellicules utilisées, bonjour le classement !
Prise de son : Un enregistreur minidisc Sony.
Paysages : J'ai vu les plus beaux paysages en Iran à l'est de Shiraz, sur la route entre Neyriz et Sarvestan. Route de montagne surplombant un immense lac salé, le Daryachech-ye-Bakhtegan qui étincelait sous le soleil. En Turquie sans conteste les paysages de la Cappadoce.
Monuments : En Iran c'est indéniablement Ispahan, dont ses habitants disent depuis des siècles qu'elle est la moitié du monde. Mais aussi Bam, Yasd et la ziggourat de Choqa Zanbil.
Températures : La plus chaude : 40° à l'ombre dans le golfe persique et entre 0 et 5° dans l'est et le centre de la Turquie. A noter une nuit à 9° dans une chambre d'hôtel sans chauffage à Ilhara, Turquie.
Voyageurs : Parmi toutes mes rencontres : Anthony JEANNE, jeune prof de la région parisienne, rencontré à Ispahan. Il fait le tour du monde à vélo et se dirigeait vers le Pakistan.
Hugo FOURNIER, nationalité suisse, rencontré à Ispahan. Il en finissait alors avec un tour du monde de 2 ans sac à dos. Entre autres il a travaillé dans les ranchs en Australie et avec des associations dans les bidonvilles de Calcutta.
Masato FUJITA, nationalité japonaise, rencontré à Bam. Depuis 6 mois sur la route sac à dos. Venait du Pakistan et plus spécialement de la région de Peschawar. Pour 10 dollars, il s'était exercé au maniement de la kalashnikov dans les rues de Darra, cette ville tribale où se façonnent à la main les copies de toutes les armes du monde.
Les époux ENHARM, nationalité hollandaise, rencontré à Yasd en Iran. Entament depuis cette année un tour du monde à vélo.
Cristina RIEDER et Mario DONATI, nos 2 italiens à scooter, rencontrés dans la solitude glacée du plateau central anatolien. Ils sont en ce moment dans l'est de l'Iran et se dirigent vers le Pakistan, après avoir reçu des nouvelles de la route de Gregor.
Gregor UHL, motard d'outre-Rhin avec qui j'ai passé une douzaine de jours sur les routes iraniennes. Sa route l'a conduit au Pakistan qu'il a traversé sans problème. Il est aujourd'hui en Inde.
Courrier : Il a mis 4 semaines pour parvenir aux destinataires depuis l'Iran.

Essence : Le plein de la moto, environ 20 litres, pour moins de 1 dollar en Iran.
Cartes : pour la Turquie la carte IGN au 1 / 750 000. Pour l'Iran la carte GEOCENTER au 1 / 2 000 000.
Réchaud : Le modèle WhisperLite de MSR fonctionne à tous les carburants, donc à l'essence sans plomb jusqu'en Turquie et à l'essence plombée en Iran. Pas besoin d'emporter des cartouches de gaz de rechange, juste un tuyau pour siphonner le réservoir.
Eau potable : Ne consommer que de l'eau minérale (vérifier la capsule) ou traiter soi-même son eau. J'avais choisi la toute nouvelle gourde Kadadyn équipée de ses 3 filtres.
Camping : Très courant en Turquie, pratiquement inexistants en Iran.
Routes : en excellent état en Iran, même les routes secondaires. Depuis la fin du conflit Iran Irak un effort très important est mis sur l'infrastructure routière. Les Iraniens, si accueillants et si amicaux d'ordinaire, se transforment en véritables killers dès qu'ils ont un volant entre les mains.
Camions : L'Iran est le pays des camions, et du fait de l'embargo américain, il n'est pas rare de croiser de vieux Mack des années 40 et 50.
Musées : Le plus fascinant pendant ce voyage est le Musée des Civilisations Anatoliennes à Ankara, Turquie.
Émotions : L'accueil que réservent les iraniens aux voyageurs étrangers est à des années-lumière de ce que laissent entendre les médias occidentaux. Et nous pourrions encore discuter pendant des heures sur l' image actuellement proposée du Pakistan, mais ceci est une autre histoire !
A Persépolis une fillette de 12 ans vient spontanément exercer avec moi l' anglais qu' elle a appris à l' école : « what's your name, your country, your job,... », silence, et elle ajoute avec une très grande fierté : « I am in class level 12 ».
La ziggourat de Choqa Zanbil près de Shushk (la Suse mésopotamienne) date du 13ème siècle av JC. Elle est semblable à ce que pouvait être la Tour de Babel, autrement dit la ziggourat de Babylone dont il ne reste que la marque de la base dans la périphérie de Bagdad. A Choqa Zanbil, le périmètre de la ziggourat est pavé de carreaux de terre cuite. Sur 2 de ces carreaux sont conservées les empruntes de pied d'un enfant. Farce d'un enfant espiègle ? ou farce de celui qui a façonné ces dalles destinées au plus grand monument religieux de la région ?
La passion visible du peuple iranien pour les grands poètes du Moyen-Age que sont Hafez, Firdousi, et Saadi.
Internet : Un outil étonnant en voyage.
Moto : A chaque arrêt la même question m'était systématiquement posée : « Quel est son prix en dollars ? »
Football : La prochaine fois j'apprendrais par cour le nom des joueurs des équipes de France et d'Iran, car c'était le second sujet de conversation après le prix de la moto.
Alcool : Totalement interdit en Iran, mais il m'en a été régulièrement proposé, notamment dans la partie ouest du pays que les contrebandiers des ex-républiques soviétiques inondent de vodka depuis l'ouverture des frontières. En Turquie 2 marques vedettes que les musulmans de cette république laïque consomment régulièrement : la bière Efez et le Raki, le célèbre pastis local.
Police : Dans l'est de la Turquie et dans tout l'Iran, nombreux barrages de police. Les voyageurs étrangers ne sont généralement pas contrôlés, excepté dans les zones sensibles (lac de Van en Turquie et zone pétrolifère du golfe en Iran). A noter un record de 3 excès de vitesse en 1 semaine lors de mon voyage retour en Turquie (2 amendes et 1 avertissement).
Épilogue : Extrait de « L'usage du monde » de Nicolas BOUVIER : « C'est la contemplation silencieuse des atlas, à plat-ventre sur le tapis, entre dix et treize ans, qui donne ainsi l'envie de tout planter là. Songez à des régions comme le Banat, la Caspienne, le Cachemire, aux musiques qui y résonnent, aux regards qu'on y croise, aux idées qui vous y attendent ; Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. La vérité, c'est qu'on ne sait comment nommer ce qui vous pousse. Quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu'au jour où, pas trop sûr de soi, on s'en va pour de bon. »
Amitiés corentin.
Crédits
Balade réalisé le 1 novembre 2001
Texte et photos : Corentin
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